Tout le monde connaît le proverbe qui dit: "On fitte ou on fitte pas dans le décor". Moi, je n'ai jamais fitté dans aucun décor que se soit pour un emploi ou pour faire partie de la société. J'ai toujours été mis à l'écart. Je ne demandais pas grand chose pourtant, juste un peu d'amour. Mon cœur s'endurcit avec le temps et la seule chose qui compta pour moi c'était de me venger de la société. Un jour, on était vers la fin des années 60 où le trip de la moto était au plus fort; un Club de motards s'installa dans mon quartier. Je les ai aimés tout de suite car ils avaient une "bette comme la mienne". Je me suis mis à fréquenter la même brasserie pour pouvoir les approcher. Ce ne fut pas très long avant qu'on fasse connaissance. Après quelques soirées passées ensemble, après un nombre incalculable de verres de bière et de joints; leur président me demanda si j'aimerais me joindre à eux. Il m'expliqua que j'aurais une famille, des frères et des sœurs. Il n'eut pas besoin d'en dire plus; j'aurais enfin une famille et pour un fois dans ma vie "je fittais dans le décor". J'acceptai tout de suite sa proposition.
Là, il m'expliqua que pour gagner mes couleurs je devais faire mes preuves. Peu de temps après je m'occupais de la vente de dope dans mon quartier, dans les écoles, les tavernes etc… je m'occupais aussi de prostitution, des prêts usuriers, intimidation, la collection; tout ce qui rapportait était bon pour moi. Au bout de six mois, j'avais mes couleurs. Six mois après, j'avais atteint ce que je désirais être: Président du Club, Le régiment de Lucifer.
J'ai fait pleurer du monde, j'ai été la cause de séparation d'un couple, en bref; je fus méchant. Cela a duré 8 ans. Vers les années 80, les Gros Clubs sont arrivés et ce fut la fin de tous les petits clubs locaux. Quelques uns de mon Club se sont mariés et d'autres ont rentrés dans ces clubs là. Moi, je ne trouvais plus ça drôle. J'avais atteint mon but, je m'étais vengé de la société. Dans ces années-là, la première chose que je faisais en me levant, c'était de m'allumer un joint. J'ai commencé à aller au salon mortuaire parce que mes anciens frères se faisaient tuer durant la guerre de gangs. C'est à ce moment que j'ai fait connaissance avec la Coke. J'ai commencé à prendre de la Coke pour tenir le coup car la mort de mes anciens copains me laissait un vide que je n'arrivais pas à combler.
Un jour que j'étais assis dans le parc avec un de mes anciens frères, je vois 2 hommes sortirent d'une auto et se diriger vers nous. L'un était barbu et avait les mains dans les poches, le genre règlement de compte. Je me suis dit "voilà le passé qui refait surface". Le barbu se penche vers moi et me dit: "sais-tu que Jésus t'aime". Sur le coup j'ai dégrisé, j'ai dit à mon chum: "deux autres fous qui font les parcs, dis-leur de sacrer leur camp". Le barbu a répondu: "c'est le Seigneur qui nous a dit d'arrêter vous voir en passant". O.K., salut là, bonjour à la prochaine, répondis-je!
Le lendemain, je vois arriver le même bozo avec un livre, il m'expliqua que c'était une Bible. Il y a une chose qui m'a frappé, il ne s'est pas mis à chercher quel bout de la Bible qu'il était pour me faire lire, il est allé chercher direct: "Jésus se tient à la porte et il frappe, si quelqu'un entend sa voix et ouvre, il entrera souper avec lui". Apocalypse 3:20. J'ai trouvé ça très direct. "Si tu veux, je peux venir 2 à 3 fois par semaine". Je lui ai dit: "si tu n'as pas d'autre chose à faire, tu peux passer".
Les conversations que nous avons eues sortaient de l'ordinaire, je l'ai empoigné par la cravate une couple de fois. A cause de sa persévérance, j'ai commencé à comprendre et accepter ce qu'il m'expliquait. Très vite, je commencé à lâcher la drogue et à boire moins. Je lisais la Bible chaque jour. Un soir, à cause de mon incrédulité, je me versé un verre de rhum et coke; j'allai dans la cuisine et j'ai tire une chaise pour moi et une pour le Seigneur. Je voulais voir si c'était vrai ce que le Seigneur disait dans sa Bible. Je dis: "je la rouvre la porte, viens t'assire on va jaser toué pis moé! Tout le monde dit que tu es bon et miséricordieux! Quand j'écoute les nouvelles à la télé et que je lis les journaux, tout ce que je vois c'est des morts. Des enfants qui meurent de faim, des guerres, le sang qui coule, alors; j'attends tes explications! Quinze minutes plus tard, j'avais baissé le ton et je me sentais couler dans le plancher. Je me suis réveillé couché sur le bord de la table, mon verre renversé. Je sentais une paix intérieur comme je n'en avais jamais connu auparavant Le Seigneur m'avait ouvert les yeux, je lui demandai pardon et je suis allé me coucher avec un fardeau en moins.
Quelques temps après, j'ai appris qu'un Club de motards chrétiens existait. J'ai rejoint le président, Ti-Claude, quel bonheur se savoir que je pouvais parler du Seigneur et faire de la moto. Depuis, je suis avec le Club et si le Seigneur le veut j'y serais pour longtemps.
J'avais les genoux raides au début mais le Seigneur les a fait plier. J'ai découvert la puissance de la prière, il y a un verset qui dit: "tout ce qui sera demandé à Dieu au nom de Jésus, il lui sera accordé". Quand je me suis rendu compte que le Seigneur n'était pas partial, je lui ai dit: tu es mon ami: il regarde les cœurs, il se fout de ton apparence. Il ne va pas chercher juste les biens mis en cravates, la preuve il est venu me chercher. Il y en a UN sur cette terre en qui vous pouvez avoir confiance: SON NOM EST JÉSUS.